Dividendes expliqués simplement
- Calcul par action : total distribué ÷ nombre d’actions pour obtenir le dividende unitaire et rendement.
- Net perçu : pfu à 12,8% ou option au barème avec abattement 40% et prélèvements sociaux 17,2% influent sur le montant.
- Part distribuable : résultat net diminué des pertes et affectations (réserve légale, réserves statutaires) à distribuer après décision en assemblée.
La question du dividende intéresse autant l’actionnaire individuel que le dirigeant associé : l’enjeu est simple, connaître ce qui sera réellement perçu après prélèvements et formalités. Cet article détaille, étape par étape, le calcul du dividende par action, la conversion du montant brut en net selon les options fiscales en vigueur en France, et les règles à respecter pour déterminer la part distribuable d’une société.
Calcul du dividende par action et rendement
Le calcul de base est très simple. On part du total des dividendes distribués décidé par l’assemblée générale :
- Dividende par action = Total des dividendes distribués ÷ Nombre d’actions en circulation.
- Rendement brut (%) = (Dividende par action ÷ Cours de l’action) × 100.
Exemple chiffré : si la société distribue 10 000 € et qu’il y a 2 000 actions, le dividende par action est de 5 €. Si le cours est 50 €, le rendement brut est 10 % (5 € ÷ 50 € × 100).
Conversion du dividende brut en net perçu par un particulier
Pour connaître le montant perçu, il faut appliquer les prélèvements sociaux et l’impôt sur le revenu. Depuis l’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « flat tax »), trois éléments sont à considérer :
- Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.) au taux global de 17,2 % s’appliquent sur le montant brut des dividendes.
- Le PFU à 12,8 % s’applique en tant qu’impôt sur le revenu, ce qui donne un prélèvement total théorique de 30 % (12,8 + 17,2).
- En alternative, le contribuable peut opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu ; dans ce cas, les dividendes bénéficient d’un abattement de 40 % sur leur montant imposable (mais les prélèvements sociaux restent calculés sur le montant brut).
Exemples pratiques pour 1 000 € de dividende brut :
- Avec PFU : impôt 12,8 % = 128 €, prélèvements sociaux 17,2 % = 172 €, montant net ≈ 700 €.
- Avec option au barème et tranche marginale d’imposition à 30 % : base imposable après abattement = 600 €, impôt = 180 €, prélèvements sociaux = 172 €, montant net ≈ 648 €.
- Avec option au barème et tranche marginale 0 % : impôt = 0 €, prélèvements sociaux = 172 €, montant net ≈ 828 €.
Ces exemples montrent qu’il faut comparer les deux régimes : le PFU est souvent avantageux pour les contribuables à tranche élevée, tandis que l’option au barème peut être préférable si votre tranche marginale est faible. Il est conseillé de simuler chaque cas avec votre situation fiscale complète (autres revenus, parts fiscales, crédits d’impôt, etc.).
Détermination de la part distribuable dans une société
La distribution de dividendes ne peut se faire qu’à partir de la part distribuable, calculée à partir du résultat net comptable après approbation des comptes. Les étapes clés :
- Partir du résultat net de l’exercice.
- Retirer les pertes antérieures éventuellement reportées qui doivent être absorbées.
- Constituer la réserve légale : en France, 5 % du bénéfice doivent être affectés à la réserve légale jusqu’à ce qu’elle atteigne 10 % du capital social.
- Tenir compte des réserves statutaires ou abondées par décision des associés (les statuts peuvent imposer des règles supplémentaires).
Le montant restant après ces affectations constitue la part distribuable qui pourra être allouée aux associés lors de l’assemblée générale. La décision de distribution doit être formalisée (procès-verbal d’assemblée) et les modalités de paiement précisées (date, comptes bancaires, nature du paiement).
Aspects spécifiques pour dirigeants et modalités pratiques
Le traitement des dividendes peut différer selon le statut du bénéficiaire. Les dirigeants majoritaires (par exemple gérant majoritaire en SARL) peuvent être soumis à des cotisations sociales supplémentaires selon la nature des revenus et les règles applicables aux travailleurs indépendants. Il est donc indispensable de vérifier les conséquences sociales avec un expert-comptable ou un avocat fiscaliste.
Checklist pratique pour verser un dividende :
- Vérifier et approuver les comptes annuels en assemblée générale.
- Calculer la réserve légale et les reports à compenser.
- Fixer le montant distribuable et enregistrer la décision dans un procès-verbal.
- Effectuer le paiement et tenir à jour la comptabilité (écriture de distribution).
- Informer les bénéficiaires des options fiscales possibles et, si nécessaire, prélever les acomptes ou effectuer les déclarations fiscales et sociales requises.
Pour un actionnaire individuel, le calcul du net reçu nécessite de comparer PFU et option au barème en prenant en compte l’abattement de 40 % et les prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour la société, il faut respecter les règles comptables et légales avant de distribuer. La meilleure pratique consiste à simuler plusieurs scénarios dans un tableur et à consulter un expert-comptable afin d’optimiser le choix fiscal et social selon votre situation personnelle et le statut juridique de la société.









