Choisir entre se verser un salaire ou prélever des dividendes est une décision centrale pour le dirigeant d’une SASL’arbitrage oppose la volonté d’obtenir un revenu net maximal à court terme et la nécessité de se constituer des droits sociaux (retraite, maladie, maternité, allocations). En 2026, comme auparavant, le dividende reste souvent plus intéressant pour maximiser le cash disponible, tandis que le salaire ouvre des droits sociaux et peut faciliter l’accès au crédit. Cet article explique les enjeux, propose des comparaisons chiffrées indicatives et donne des conseils pratiques pour prendre la bonne décision selon votre situation.
Rappels juridiques et fiscaux
Le président d’une SASU est assimilé salarié s’il perçoit une rémunération : il dépend du régime général de la sécurité sociale. Les cotisations sociales salariales et patronales s’appliquent alors, ce qui réduit le net perçu mais confère des droits (cotisations retraite, couverture maladie, indemnités journalières sous conditions). Les dividendes, eux, sont distribués aux associés sur les bénéfices de la société après impôt sur les sociétés. Par défaut, ils sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) dit « flat tax » de 30 %, qui regroupe l’impôt sur le revenu (12,8 %) et les prélèvements sociaux (17,2 %).
Autre point important : les dividendes ne créent pas de droits sociaux. Ils n’ouvrent pas de droits à la retraite, ni de droits aux allocations chômage, et ne permettent pas de cotiser pour la complémentaire. Par ailleurs, le versement de dividendes dépend de l’existence de bénéfices distribuables et de trésorerie disponible dans la société. Le salaire, quant à lui, doit correspondre à un travail réellement effectué et respecter les règles du droit du travail et de la convention collective lorsque cela s’applique.
Comparatif chiffré simplifié (ordres de grandeur)
Les chiffres suivants sont indicatifs et doivent être validés par une simulation personnalisée : ils servent à donner un ordre de grandeur entre salaire net perçu et dividendes nets après PFU.
| Montant brut pour la société (coût ou dividendes) | Rémunération salariée nette approximative | Dividendes nets après PFU 30% approximatifs | Effet sur droits sociaux |
|---|---|---|---|
| 30 000 € | ~18 000 € | ~21 000 € | Protection minimale cotisée |
| 60 000 € | ~36 000 € | ~42 000 € | Bonne protection si salaire régulier |
| 100 000 € | ~60 000 € | ~70 000 € | Perte de cotisations sur les tranches élevées si uniquement dividendes |
Ces ordres de grandeur montrent que les dividendes laissent souvent plus de net disponible à court terme. Cependant, pour la constitution d’une retraite et la couverture maladie, un salaire régulier est indispensable. Le choix dépend donc de vos priorités personnelles et professionnelles.
Quand favoriser le salaire ?
- Vous souhaitez valider des trimestres de retraite et augmenter vos droits futurs.
- Vous avez besoin d’une protection sociale complète (accès aux indemnités journalières, prise en charge santé, maternité).
- Vous devez justifier de revenus stables pour obtenir un prêt immobilier ou un financement professionnel.
- Vous préférez une rémunération régulière pour lisser votre fiscalité et éviter des variations importantes de trésorerie personnelle.
Quand privilégier les dividendes ?
- Vous cherchez à maximiser le net disponible rapidement et la société dégage des bénéfices après impôt.
- Votre salaire actuel suffit à sécuriser vos droits sociaux et vous voulez récupérer le surplus.
- Vous disposez d’une situation patrimoniale qui rend la flat tax plus attractive que des cotisations sociales élevées.
- Vous souhaitez optimiser la trésorerie personnelle sans alourdir les coûts salariaux pour la société.
Procédure pratique pour distribuer des dividendes
La distribution de dividendes en SASU obéit à des étapes formelles :
- Arrêter les comptes annuels et vérifier l’existence de bénéfices distribuables.
- Organiser l’assemblée générale pour approuver les comptes et décider de la distribution.
- Rédiger un procès-verbal mentionnant le montant et le bénéficiaire des dividendes.
- Effectuer la mise en paiement et comptabiliser correctement l’opération.
- Déclarer les dividendes au fisc et procéder aux acomptes ou régularisations nécessaires si applicable.
Important : la distribution doit respecter les règles liées aux réserves légales et au capital, et ne pas compromettre la pérennité financière de la société. En cas de distribution anticipée ou exceptionnelle, il est recommandé d’obtenir l’avis de l’expert-comptable.
Stratégies mixtes et recommandations
Une stratégie fréquemment retenue consiste à se verser un salaire modéré et régulier pour couvrir les besoins sociaux et ajouter des dividendes en complément lorsque la trésorerie et les bénéfices le permettent. Cela permet de combiner la constitution de droits sociaux et l’optimisation fiscale. Pour les dirigeants proches de l’âge de la retraite, il peut être judicieux d’augmenter progressivement le salaire afin de maximiser les trimestres validés.
Avant de trancher, faites réaliser une simulation par votre expert-comptable ou conseiller fiscal. Il prendra en compte le régime social applicable, le niveau exact des cotisations patronales et salariales, l’impôt sur les sociétés, ainsi que vos besoins personnels (santé, projet immobilier, épargne). Une posture prudente et documentée protégera votre patrimoine et la pérennité de l’entreprise.
Il n’existe pas de réponse universelle. Le dividende maximise souvent le net à court terme mais n’ouvre pas de droits sociaux ; le salaire coûte davantage à la société mais sécurise votre protection sociale et votre retraite. En pratique, combiner un salaire raisonnable et des dividendes complémentaires est la solution la plus équilibrée pour beaucoup de dirigeants de SASFaites appel à un professionnel pour une simulation personnalisée et pour vous assurer de respecter les règles légales et fiscales en vigueur.









